Les membres de la criminalité organisée italienne ont une longue tradition de fuite à l'étranger pour échapper aux poursuites judiciaires. La France, l'Espagne, l'Amérique du Sud et les Émirats arabes unis figurent parmi les destinations les plus fréquemment utilisées. Europol et les forces de l'ordre italiennes ont régulièrement souligné comment les fugitifs de la Camorra, de la 'Ndrangheta et de Cosa Nostra exploitent les lacunes des accords d'extradition et les communautés de la diaspora pour se fondre dans les populations locales.
La France a historiquement été une destination privilégiée, notamment la Côte d'Azur et des villes comme Nice et Saint-Étienne, où les communautés italiennes offrent une couverture et où les réseaux criminels ont établi des bases solides. Les régions côtières espagnoles, notamment autour de Barcelone et de la Costa del Sol, ont également abrité de nombreux membres de la mafia italienne, avec plusieurs arrestations retentissantes ces dernières années.
L'Amérique du Sud — notamment la Colombie, le Brésil et l'Argentine — sert depuis longtemps de refuge aux membres de la mafia italienne, en partie grâce aux flux migratoires historiques qui ont créé des communautés italiennes bien établies. Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus plus récemment des destinations attractives, offrant une opacité financière, des accords d'extradition limités avec l'Italie et un cadre de vie permettant aux fugitifs fortunés de vivre ouvertement hors de portée des procureurs italiens.
Les autorités italiennes, en coopération avec Europol et Interpol, ont intensifié leur collaboration internationale pour retrouver et rapatrier les fugitifs. L'Italie tient une liste de ses criminels organisés les plus recherchés, et les arrestations de fugitifs de haut rang à l'étranger se sont multipliées ces dernières années grâce à l'amélioration des accords bilatéraux et du partage de renseignements. Les experts avertissent néanmoins que la portée mondiale de groupes comme la 'Ndrangheta — considérée comme l'une des organisations criminelles les plus puissantes au monde — rend le démantèlement de leurs réseaux internationaux particulièrement difficile.