Le Maroc reste fortement dépendant des importations d'énergie pour couvrir ses besoins intérieurs. Les combustibles fossiles — pétrole brut, produits pétroliers raffinés, charbon et gaz naturel — représentent la grande majorité de son approvisionnement énergétique. Selon le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le pays importe plus de 90 % de ses besoins en hydrocarbures, faisant de la sécurité énergétique une priorité pour les décideurs.
Le pétrole brut et les produits pétroliers proviennent de sources diversifiées. Les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et l'Irak, figurent historiquement parmi les principaux fournisseurs de brut du Maroc. Les États-Unis sont devenus un fournisseur croissant de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de produits raffinés. La Russie est également apparue comme un fournisseur notable de certains produits pétroliers après les perturbations du marché mondial, le Maroc cherchant des sources compétitives en termes de coûts.
Le charbon, utilisé principalement pour la production d'électricité dans les centrales de Jerada et de Jorf Lasfar, est importé principalement de Colombie, de Russie et d'Afrique du Sud. Le gaz naturel, utilisé en moindres quantités, était en partie fourni via le gazoduc Maghreb-Europe, qui transportait historiquement du gaz algérien à travers le Maroc vers l'Espagne. Cependant, l'Algérie a suspendu le transit gazier via ce pipeline fin 2021, à la suite d'une rupture diplomatique avec le Maroc, compliquant l'approvisionnement en gaz du pays.
Pour réduire sa dépendance aux importations, le Maroc a réalisé d'importants investissements dans les énergies renouvelables. Le pays vise à produire 52 % de son électricité à partir de sources renouvelables d'ici 2030. Des projets majeurs comme le complexe solaire Noor Ouarzazate et le parc éolien de Tarfaya ont considérablement renforcé la production nationale d'énergie propre. Le Maroc exporte également de l'électricité vers l'Espagne et le Portugal, affirmant son ambition de devenir un hub énergétique régional.
Malgré ces avancées, la facture des importations énergétiques reste un fardeau important pour la balance commerciale marocaine. Les fluctuations des prix mondiaux du pétrole et du gaz affectent directement l'économie du pays, renforçant l'urgence de la stratégie de transition énergétique en cours.