Les récents développements diplomatiques concernant le territoire contesté du Sahara occidental modifient les alignements politiques en Afrique du Nord et au-delà. En mars 2023, l'Espagne a officiellement approuvé le plan d'autonomie du Maroc pour la région, marquant un revirement significatif par rapport à sa position neutre de longue date et un rapprochement avec un partenaire régional clé. Cette initiative s'inscrivait dans un effort plus large de réinitialisation des relations bililatérales après une période de tension.
La campagne diplomatique du Maroc pour obtenir une reconnaissance internationale de sa souveraineté sur le Sahara occidental a connu des résultats mitigés. Si les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine en 2020 en échange d'une normalisation des relations avec Israël, d'autres grandes puissances et les Nations Unies maintiennent leur soutien à une solution politique négociée. Le processus dirigé par l'ONU, qui cherche une "solution politique juste, durable et mutuellement acceptable", reste dans l'impasse, le Front Polisario, qui réclame l'indépendance, rejetant le plan d'autonomie.
L'Union africaine (UA) continue de se débattre avec cette question, reflétant de profondes divisions entre ses États membres. Le Maroc a réintégré l'UA en 2017 après une absence de 33 ans, visant à obtenir un soutien pour sa position au sein du bloc. Cependant, la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Front Polisario, reste membre de l'UA, garantissant que le différend reste à l'ordre du jour continental et compliquant la diplomatie africaine unifiée.
Ces manœuvres diplomatiques ont des impacts tangibles sur la stabilité et la coopération régionales. L'Algérie, principal soutien du Front Polisario, considère avec inquiétude le soutien international croissant au Maroc, contribuant aux tensions persistantes entre les deux voisins. L'évolution de la position de nations européennes comme l'Espagne influence également la politique de l'UE en matière de migration, d'énergie et de coopération sécuritaire avec l'Afrique du Nord, faisant du Sahara occidental une faille géopolitique persistante.