Le Maroc s'est positionné comme un leader des énergies renouvelables, visant à tirer plus de la moitié de son électricité de sources renouvelables d'ici 2030. Cependant, les projets solaires et éoliens ambitieux du pays sont de plus en plus affectés par la rareté de l'eau, un défi qui menace à la fois la production d'énergie et les communautés qu'ils desservent.
Les centrales solaires à concentration (CSP), comme le complexe Noor à Ouarzazate, nécessitent de l'eau pour le refroidissement et le nettoyage des miroirs. Dans un pays confronté à une sécheresse sévère et à la baisse des réserves d'eau souterraine, cela crée des tensions entre les besoins énergétiques et la disponibilité de l'eau. Selon le World Resources Institute, le Maroc figure parmi les pays les plus stressés hydriquement au monde, avec des ressources en eau renouvelables par habitant bien en dessous du seuil de pénurie.
Le changement climatique a exacerbé la situation, avec des sécheresses prolongées réduisant les niveaux des barrages et les précipitations. Le gouvernement marocain a réagi en promouvant des technologies économes en eau dans les projets énergétiques, notamment des systèmes de refroidissement à sec et l'utilisation d'eaux usées traitées. Cependant, ces solutions augmentent souvent les coûts et réduisent l'efficacité, posant des défis économiques aux développeurs.
En outre, la rareté de l'eau affecte la production hydroélectrique, qui a historiquement contribué à une part importante de l'électricité renouvelable du Maroc. La réduction des débits des rivières et la baisse des niveaux des réservoirs ont entraîné des fluctuations de la production hydroélectrique, obligeant le pays à dépendre davantage des combustibles fossiles importés pendant les périodes sèches.
Alors que le Maroc poursuit sa transition énergétique, l'équilibre entre sécurité hydrique et énergétique sera crucial. Une planification intégrée et des investissements dans des technologies économes en eau sont essentiels pour garantir que la poussée vers les renouvelables n'exacerbe pas le stress hydrique, en particulier dans les zones rurales où les deux ressources sont vitales pour les moyens de subsistance.