Les autorités espagnoles ont intensifié ces derniers mois les mesures à l'encontre des migrants marocains en situation irrégulière, reflétant une pression politique croissante pour endiguer l'immigration irrégulière. L'Espagne demeure l'un des principaux points d'entrée en Europe pour les migrants traversant depuis l'Afrique du Nord, les îles Canaries et la côte sud constituant des zones d'arrivée clés.
Selon les données du ministère espagnol de l'Intérieur, des dizaines de milliers de migrants irréguliers arrivent chaque année sur les côtes espagnoles, les ressortissants marocains représentant régulièrement l'un des groupes nationaux les plus importants parmi ceux détenus ou faisant l'objet de procédures d'expulsion. Les municipalités espagnoles, notamment dans les régions du sud, ont signalé une pression croissante sur les ressources et services locaux.
Le gouvernement espagnol fait face à une pression intérieure grandissante de la part des partis d'opposition, notamment du parti d'extrême droite Vox, pour adopter des mesures d'application plus strictes en matière d'immigration. Parallèlement, la relation bilatérale entre l'Espagne et le Maroc joue un rôle déterminant dans l'élaboration de la politique migratoire, la coopération entre Madrid et Rabat étant jugée essentielle pour gérer les traversées irrégulières.
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR), ont exprimé des préoccupations concernant les conditions auxquelles font face les migrants sans papiers en Espagne, notamment la détention prolongée dans les centres de rétention (CIE) et les difficultés d'accès à l'assistance juridique.
La situation reste politiquement sensible, alors que l'Espagne tente d'équilibrer ses obligations européennes en matière de gestion des frontières avec ses engagements humanitaires et son partenariat stratégique avec le Maroc, renforcé par un accord bilatéral majeur conclu entre les deux pays en 2022.