Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICIs) ont transformé le traitement du cancer, mais leur efficacité varie considérablement d'un patient à l'autre. Un corpus croissant de preuves cliniques, incluant des méta-analyses et des études observationnelles, indique que l'utilisation concomitante d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)—des médicaments courants contre le reflux acide—est associée à une efficacité significativement réduite de ces immunothérapies.
La recherche suggère que les IPP peuvent altérer le microbiome intestinal, qui joue un rôle crucial dans la modulation de la réponse du système immunitaire au cancer. Cette dysbiose est supposée altérer l'activation immunitaire anti-tumorale que les ICIs sont conçus pour stimuler. Plusieurs études ont rapporté que les patients cancéreux prenant des IPP parallèlement aux ICIs présentent des taux de réponse plus faibles, une survie sans progression plus courte et une survie globale réduite par rapport à ceux ne prenant pas ce médicament antiacide.
La corrélation clinique est suffisamment forte pour que plusieurs lignes directrices en oncologie et revues d'experts recommandent désormais aux médecins d'évaluer soigneusement la nécessité d'un traitement par IPP chez les patients programmés pour ou suivant une immunothérapie. Ces résultats soulignent l'importance de prendre en compte tous les médicaments, et pas seulement les traitements anticancéreux, dans le schéma thérapeutique d'un patient pour optimiser les résultats.