Le 20 août 2026, le gouvernement portugais a officiellement demandé à l'Union européenne de suspendre partiellement l'application du système d'échange de quotas d'émission (SEQE) de l'UE au transport maritime, invoquant des préoccupations selon lesquelles les règles carbone détournent le trafic maritime vers les ports marocains. La demande a été faite lors d'une réunion des ministres de l'UE à Bruxelles, selon des responsables portugais.
Le gouvernement portugais soutient que le SEQE de l'UE, qui oblige les compagnies maritimes à payer pour leurs émissions de carbone sur les routes intra-UE, impose une charge injuste sur des ports comme Lisbonne et Sines par rapport aux ports marocains voisins comme Tanger Med, qui ne sont pas soumis aux mêmes coûts carbone. Cela a entraîné un déplacement du trafic de transbordement, certaines compagnies maritimes choisissant les ports marocains pour éviter les frais du SEQE.
Selon les données de la Commission européenne, le SEQE pour le transport maritime est en vigueur depuis 2024, couvrant 50% des émissions des voyages entre les ports de l'UE et les ports hors UE. La demande du Portugal vise à obtenir une dérogation temporaire pour les routes présentant un risque élevé de fuite de carbone, un mécanisme déjà prévu dans le règlement du SEQE.
La Commission européenne n'a pas encore répondu à la demande du Portugal. Cependant, la question devrait être discutée lors de la prochaine réunion du Conseil de l'UE en septembre. Le gouvernement portugais a souligné qu'il ne cherche pas à affaiblir les objectifs climatiques de l'UE, mais plutôt à garantir des conditions de concurrence équitables pour les ports européens.
Cette évolution intervient dans un contexte de préoccupations plus larges concernant la compétitivité des ports d'Europe du Sud alors que l'UE met en œuvre son paquet « Fit for 55 », qui vise à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990.