Dans une étude publiée dans Science Advances, des chercheurs ont équipé six narvals d'émetteurs satellites pour collecter des données océanographiques dans l'Arctique. Les narvals, souvent appelés 'licornes de mer' en raison de leur défense spiralée, ont plongé jusqu'à 1 500 mètres de profondeur, fournissant des mesures sans précédent de la température et de la salinité de l'eau dans des régions difficiles d'accès, surtout en hiver.
Les données ont révélé que l'océan Arctique se réchauffe à un rythme alarmant, les températures en eau profonde augmentant plus rapidement que prévu. Ce réchauffement menace l'habitat des narvals et l'ensemble de l'écosystème arctique, qui subit déjà une diminution record de la banquise.
Les narvals sont particulièrement adaptés à cette tâche car ce sont des mammifères plongeurs qui vivent dans le Haut-Arctique toute l'année. En fixant des capteurs sur les animaux, les scientifiques peuvent recueillir des données sous la glace en hiver, période où les navires de recherche traditionnels ne peuvent pas opérer. L'étude souligne l'importance d'utiliser les mammifères marins comme 'scientifiques' pour surveiller le changement climatique dans des environnements isolés et hostiles.
Les résultats mettent en évidence la nécessité urgente d'agir pour le climat afin de protéger l'Arctique et ses habitants. À mesure que la région se réchauffe, les narvals sont menacés par la perte d'habitat, la modification de la disponibilité des proies et l'augmentation de l'activité humaine. La surveillance continue avec des capteurs embarqués sur les animaux sera cruciale pour comprendre et atténuer ces impacts.