À l'approche des élections générales marocaines de 2026, un défi majeur se profile : la désaffection massive des jeunes électeurs. Selon les données du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et d'observateurs indépendants, plus de 60% des Marocains âgés de 18 à 35 ans ne sont pas inscrits sur les listes électorales, reflétant une méfiance croissante envers les institutions politiques. Cette tendance s'accentue depuis les élections de 2016, où la participation des jeunes était déjà inférieure à 30%.
Les causes sont multiples. Le chômage élevé des jeunes, qui atteint officiellement environ 30% pour les 15-24 ans, alimente la frustration envers des partis politiques perçus comme déconnectés des réalités quotidiennes. De plus, de nombreux jeunes Marocains considèrent le processus électoral comme dépourvu de véritable compétition, les décisions clés étant souvent prises en dehors des urnes. Les élections de 2021 ont enregistré un taux de participation record de 50,3%, et les premiers indicateurs pour 2026 suggèrent une nouvelle baisse.
Les partis politiques tentent de remédier à cette situation. Certains ont lancé des campagnes de sensibilisation numériques et des sections jeunes, mais les critiques estiment que ces efforts restent superficiels. Le gouvernement a également introduit des programmes d'éducation civique dans les écoles, mais leur impact demeure limité. Parallèlement, des organisations de la société civile appellent à des réformes plus larges, notamment l'abaissement de l'âge de vote à 16 ans et l'instauration d'une représentation proportionnelle pour rendre chaque voix plus significative.
Les observateurs internationaux, y compris l'Union européenne et les Nations unies, ont souligné l'importance de l'inclusion des jeunes pour la stabilité démocratique du Maroc. Cependant, sans améliorations tangibles des opportunités économiques et de la réactivité politique, la désaffection risque de perdurer. À l'approche des élections de 2026, la question demeure de savoir si le Maroc parviendra à combler le fossé entre sa jeune population et ses dirigeants politiques.