Une nouvelle enquête menée par un consortium de 15 médias, dirigé par Forbidden Stories et comprenant Le Monde et la cellule d'investigation de Radio France, a révélé que l'utilisation de logiciels espions par le Maroc va bien au-delà du logiciel Pegasus. L'enquête, publiée le 17 juillet 2026, documente comment les autorités marocaines auraient déployé plusieurs outils de surveillance pour cibler des journalistes, des militants des droits de l'homme et des opposants politiques.
Le consortium a analysé des données divulguées et effectué des analyses techniques sur les appareils de dizaines de personnes. Les résultats indiquent que le Maroc a utilisé des logiciels espions de divers fournisseurs, y compris mais sans s'y limiter, Pegasus de NSO Group. Les cibles incluent des journalistes marocains éminents tels qu'Omar Radi et Hicham Mansouri, ainsi que des militants de la région du Sahara occidental.
Le Maroc a constamment nié les allégations d'utilisation de logiciels espions contre ses citoyens. En réponse au nouveau rapport, le gouvernement marocain a réitéré sa position, déclarant qu'il respecte le droit international et ne se livre pas à une surveillance illégale. Cependant, les preuves du consortium incluent des numéros de téléphone et des journaux de communication qui lient présumément les services de sécurité marocains aux opérations de logiciels espions.
L'enquête met également en lumière le rôle des pays européens dans la facilitation de la vente de ces technologies. Plusieurs gouvernements européens ont ouvert des enquêtes sur l'exportation de logiciels espions vers le Maroc, certains imposant des restrictions sur les ventes. Le Parlement européen a appelé à une enquête approfondie sur l'utilisation de logiciels espions par les États membres et leurs alliés.
Ce dernier rapport s'ajoute aux préoccupations croissantes concernant la prolifération des logiciels espions commerciaux et leur utilisation par les régimes autoritaires pour réprimer la dissidence. Le consortium a appelé à une réglementation internationale plus stricte pour empêcher l'utilisation abusive de la technologie de surveillance.