Le programme ambitieux « Villes sans bidonvilles » du Maroc, lancé en 2004, visait à éradiquer l'habitat informel dans tout le pays. Alors que les autorités ont déclaré de nombreuses villes sans bidonvilles, des rapports récents et des observations locales suggèrent que les bidonvilles persistent, en particulier dans les grands centres urbains comme Casablanca et Tanger.
Selon un rapport gouvernemental marocain de 2023, le programme a relogé plus de 300 000 ménages dans des logements décents. Cependant, une étude de la Banque mondiale de 2024 a noté que les établissements informels continuent de croître dans les zones périurbaines, en raison de la migration rurale-urbaine et des problèmes d'abordabilité du logement.
À Casablanca, des quartiers comme Kariane et Sidi Moumen contiennent encore des poches d'habitat précaire, malgré les déclarations officielles de leur éradication. Des ONG locales et des journalistes ont documenté ces zones, soulignant l'écart entre les statistiques officielles et la réalité sur le terrain.
Le gouvernement a reconnu les défis et a lancé une nouvelle phase du programme en 2025, axée sur la réhabilitation des zones informelles existantes plutôt que sur le simple relogement. Cette nouvelle approche vise à fournir des services de base et une sécurité foncière aux résidents, mais les experts restent prudents quant au rythme et à l'efficacité de ces mesures.