Au Maroc, une part importante des travailleurs rémunérés au salaire minimum (SMIG) est confrontée à une grave crise d'abordabilité du logement. En 2026, le SMIG s'élève à environ 3 000 dirhams marocains (MAD) par mois dans le secteur privé. Cependant, les loyers du marché dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat varient souvent de 1 500 à 2 000 MAD pour des appartements modestes, ce qui signifie que le loyer consomme 50 % à 70 % du revenu d'un travailleur—bien au-dessus du seuil de 30 % recommandé au niveau international.
Cette situation suscite des critiques de la société civile et des figures de l'opposition, qui estiment que les politiques gouvernementales n'ont pas réussi à remédier au déséquilibre structurel entre les salaires et les coûts du logement. Un rapport de 2025 du Haut-Commissariat au Plan (HCP) indique que plus de 40 % des ménages urbains consacrent plus de 30 % de leurs revenus au logement, les travailleurs à faibles revenus étant touchés de manière disproportionnée.
En réponse, le gouvernement marocain a lancé plusieurs programmes de logement social, tels que « Villes sans bidonvilles » et des programmes de logements subventionnés, mais ceux-ci ont été lents à fournir des unités abordables. Le ministère de l'Habitat a annoncé des plans pour construire 300 000 logements sociaux d'ici 2028, mais les critiques notent que le rythme de construction et les critères d'éligibilité excluent souvent les travailleurs qui en ont le plus besoin.
Les économistes soulignent la nécessité d'une stratégie globale incluant le contrôle des loyers, une augmentation de l'offre de logements et des ajustements salariaux. Sans ces mesures, le rêve d'un logement décent et abordable reste hors de portée pour de nombreux travailleurs marocains, sapant la justice sociale et la stabilité économique.