Dans une récente analyse, le Dr Mohamed Chtatou, politologue marocain, plaide pour une nouvelle doctrine de justice territoriale au Maroc fondée sur le concept d'« égalité différenciée ». Cette approche soutient que l'égalité véritable exige des politiques adaptées aux besoins et potentiels spécifiques de chaque région, plutôt qu'un traitement uniforme. La proposition intervient dans un contexte de débats sur les disparités régionales et la mise en œuvre de la régionalisation avancée au Maroc.
Le Maroc a engagé la régionalisation avancée depuis la réforme constitutionnelle de 2011, qui a inscrit la décentralisation et le développement régional comme priorités. Les élections régionales de 2015 et les plans de développement régionaux qui ont suivi visaient à réduire les écarts entre zones urbaines et rurales, ainsi qu'entre régions côtières et intérieures. Cependant, des défis persistent, notamment l'accès inégal aux services publics, aux infrastructures et aux opportunités économiques.
La doctrine d'égalité différenciée du Dr Chtatou suggère que les politiques publiques soient adaptées aux caractéristiques uniques de chaque territoire, en abandonnant les solutions uniformes. Cela pourrait impliquer des transferts fiscaux différenciés, des investissements ciblés et une prise de décision décentralisée. L'idée rejoint les pratiques internationales, comme la politique de cohésion de l'Union européenne, qui alloue des fonds en fonction des niveaux de développement régional.
Bien que l'article ne fournisse pas de statistiques précises, il souligne la nécessité d'un changement de paradigme dans l'approche marocaine de la gouvernance territoriale. Le débat est particulièrement pertinent alors que le Maroc poursuit la mise en œuvre de son Nouveau Modèle de Développement, dévoilé en 2021, qui met l'accent sur l'inclusion sociale et l'équilibre régional. La proposition pourrait influencer les discussions politiques futures sur la manière de parvenir à un développement équitable dans le royaume.