Cinq ans après le lancement d'une réforme majeure de son système de santé, le Maroc continue de faire face à des obstacles importants pour garantir un accès réel aux soins. Les principaux défis incluent un reste à charge élevé, la faiblesse de l'hôpital public, une pénurie de soignants et des disparités territoriales.
La réforme, initiée en 2021, visait à élargir la couverture d'assurance maladie et à améliorer la qualité des soins de santé publics. Si des progrès ont été réalisés dans l'affiliation de davantage de citoyens à l'assurance maladie obligatoire, l'utilisation effective des services reste limitée par des barrières financières et géographiques.
Selon des rapports récents, les paiements directs des ménages représentent encore une part substantielle des dépenses totales de santé, ce qui pèse lourdement sur les familles. Les hôpitaux publics manquent souvent de ressources adéquates et de personnel, en particulier dans les zones rurales, ce qui oblige de nombreux patients à se tourner vers le secteur privé ou à se déplacer vers les grandes villes.
La pénurie de professionnels de santé est un problème critique. Le Maroc a une faible densité de médecins et d'infirmiers par rapport aux normes internationales, et la répartition inégale du personnel aggrave les inégalités régionales. Le gouvernement a annoncé des plans pour augmenter la capacité de formation et recruter plus de professionnels de santé, mais ces mesures prendront du temps avant de produire des résultats.
Alors que la réforme entre dans sa sixième année, les experts soulignent que la résolution de ces défis structurels est essentielle pour atteindre la couverture sanitaire universelle. Sans investissements significatifs dans les infrastructures et les ressources humaines, l'objectif d'un accès équitable à des soins de qualité reste lointain.