En 2022, le Maroc a adopté une réforme importante de la Moudawana, ou Code de la famille, visant à faire progresser les droits des femmes et à moderniser les structures familiales. Ces changements, portés par le roi Mohammed VI, ont notamment relevé l'âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes, élargi les droits des femmes en matière de divorce et de garde d'enfants, et instauré une certaine égalité successorale dans des cas spécifiques et limités.
Près de quatre ans plus tard, la mise en œuvre reste toutefois un défi majeur. Des rapports d'organisations de défense des droits humains et d'associations de juristes indiquent que de nombreux juges, particulièrement en milieu rural, hésitent à appliquer les nouvelles dispositions, se reposant souvent sur des interprétations plus conservatrices. La création de nouveaux tribunaux de la famille, élément clé de la réforme, a également progressé plus lentement que prévu.
Les réformes ont rencontré l'opposition de franges conservatrices de la société qui les considèrent comme contraires aux principes islamiques, notamment en matière d'héritage. Leurs partisans soutiennent que ces changements sont essentiels pour la justice sociale et le développement économique, alignant le droit marocain sur ses engagements internationaux en matière de droits humains. Cette tension persistante illustre l'équilibre complexe entre modernisation et tradition dans la société marocaine.