Intervenant au sommet technologique GITEX Africa Morocco 2026, Omar Seghrouchni, président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), a lancé un avertissement sévère sur l'intersection entre l'intelligence artificielle et la vie privée. Il a présenté la protection des données non pas comme une simple question technique ou juridique, mais comme une sauvegarde fondamentale de la dignité humaine à l'ère numérique.
Seghrouchni a soutenu qu'à l'ère de l'IA omniprésente, les données personnelles sont devenues une matière première pouvant être traitée pour déduire des aspects intimes de la vie, des croyances et des comportements d'un individu. Il a mis en garde contre le fait que, sans garde-fous éthiques et juridiques robustes, l'exportation et le traitement de ces données par des plateformes mondiales pourraient conduire à une forme d'"exportation de la dignité", où l'autonomie et la valeur d'une personne sont compromises par des systèmes algorithmiques opaques.
Le président de la CNDP a souligné le besoin urgent de développer des cadres de gouvernance internationaux qui priorisent les droits de l'homme. Il a présenté la loi marocaine de 2009 sur la protection des données, récemment renforcée par la création de la CNDP, comme une étape fondatrice. Cependant, il a insisté sur le fait qu'une coopération mondiale est essentielle pour établir des normes empêchant la technologie de saper la dignité même qu'elle promet d'améliorer.
Son intervention lors de l'un des plus grands événements tech d'Afrique met en lumière le discours mondial croissant sur l'éthique de l'IA, particulièrement du point de vue des régulateurs du Sud. L'appel vise à garantir que le progrès technologique soit aligné sur la préservation des valeurs humaines fondamentales, faisant de la protection des données un pilier critique de la souveraineté numérique et de l'innovation éthique.