Le Maroc a considérablement approfondi ses liens politiques et économiques à travers l'Afrique ces dernières années, une stratégie que les analystes estiment destinée à étendre son influence régionale et à contrer son voisin, l'Algérie. Un pilier de cette démarche a été la campagne réussie du Maroc pour réintégrer l'Union africaine en 2017 après une absence de 33 ans, un mouvement qui a modifié la dynamique continentale.
Cette poussée diplomatique est soutenue par un engagement économique substantiel. Les banques, opérateurs télécoms et groupes de BTP marocains sont devenus des investisseurs majeurs en Afrique de l'Ouest et centrale. Le royaume s'est également positionné comme un partenaire sécuritaire clé pour de nombreuses nations africaines, notamment dans la région du Sahel, via la coopération et la formation en matière de lutte contre le terrorisme.
Cette expansion est largement perçue comme faisant partie d'une rivalité de longue date et intense avec l'Algérie, qui soutient la revendication du Front Polisario pour un Sahara occidental indépendant. Le Maroc considère ce territoire comme le sien. Ce différend fondamental alimente une compétition pour la reconnaissance diplomatique et les alliances à travers le continent, chaque nation cherchant à influencer les autres États africains sur la question du Sahara.
Les développements récents, notamment le rappel de son ambassadeur au Maroc par l'Algérie en 2021 et la fermeture persistante de leur frontière terrestre, soulignent la tension permanente. Les observateurs notent que si la stratégie africaine du Maroc a produit des gains diplomatiques, elle a aussi solidifié un bloc de compétition régionale, rendant une intégration maghrébine plus large de plus en plus difficile.