Au cours du dernier quart de siècle, la politique étrangère du Maroc a opéré une mue stratégique, passant d'une priorité accordée à la préservation des équilibres régionaux à une construction active de son influence via l'interdépendance économique et politique. Un pilier de cette stratégie a été la consolidation de partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis et des nations européennes clés, formalisés par des accords couvrant la coopération sécuritaire, le commerce et les énergies renouvelables.
Cette évolution diplomatique est intimement liée à la position affirmée du Maroc sur le Sahara occidental. Ses efforts diplomatiques, incluant la normalisation des relations avec Israël en 2020 dans le cadre des Accords d'Abraham parrainés par les États-Unis, ont été explicitement associés à la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur ce territoire, modifiant significativement la géopolitique nord-africaine.
Sur le plan économique, le Maroc s'est positionné comme une porte continentale, utilisant sa stabilité politique pour attirer les investissements étrangers et s'imposer comme un hub pour les industries automobile et aérospatiale. Son retour au sein de l'Union africaine en 2017 a marqué un virage décisif vers le renforcement de la coopération Sud-Sud, utilisant projets de développement et diplomatie commerciale pour étendre son influence en Afrique de l'Ouest et centrale.
Le modèle de politique étrangère qui en résulte se caractérise par un réseau d'alliances multidimensionnelles. Les analystes relèvent que le Maroc exerce désormais son influence non plus seulement par la diplomatie traditionnelle, mais en créant des dépendances mutuelles dans des domaines comme la sécurité, la lutte anti-terroriste, la gestion migratoire et l'énergie verte, le rendant ainsi un partenaire indispensable pour ses voisins africains comme pour ses alliés transatlantiques.