Le marché marocain de la location courte durée est passé d'une activité saisonnière marginale à un segment d'investissement immobilier important, porté par la croissance du tourisme et des plateformes numériques comme Airbnb et Booking.com. Cependant, en mai 2026, les investisseurs sont confrontés à un double défi : la baisse des rendements et un cadre juridique en évolution.
Selon un rapport de 2025 du ministère marocain du Tourisme, les locations courte durée représentaient environ 15 % des hébergements touristiques à Marrakech et 10 % à Agadir. Les taux d'occupation moyens à Marrakech sont passés de 72 % en 2023 à 65 % en 2025, tandis que les tarifs journaliers ont chuté de 8 % sur la même période, selon les données d'AirDNA. Cela a réduit les marges bénéficiaires de nombreux propriétaires.
Sur le plan juridique, la loi marocaine 80-14, réglementant les locations courte durée, a été modifiée au début de 2026. Les nouvelles règles exigent que tous les hôtes s'enregistrent auprès des autorités locales, obtiennent un permis et paient une taxe de séjour de 15 dirhams par nuit et par invité. Le non-respect peut entraîner des amendes allant jusqu'à 50 000 dirhams. La loi vise à harmoniser les règles avec les hôtels et à assurer la conformité fiscale.
Les experts du secteur notent que, bien que la clarté réglementaire soit bienvenue, les coûts supplémentaires et la charge administrative peuvent dissuader certains petits investisseurs. Cependant, le gouvernement marocain s'attend à ce que la loi augmente les recettes fiscales et améliore la qualité de l'hébergement pour les touristes. En mai 2026, l'application de la loi est encore en cours de déploiement, les grandes villes comme Marrakech, Casablanca et Rabat menant la mise en œuvre.