La consommation de sucre au Maroc se situe au carrefour d'enjeux économiques, industriels et sanitaires. Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a publiquement reconnu la difficulté de trouver un équilibre entre la protection du secteur sucrier national et les impératifs croissants de santé publique, alors que les débats sur une éventuelle taxation du sucre s'intensifient au Parlement.
Le secteur sucrier marocain constitue une part importante de l'économie agricole nationale, avec une production intérieure reposant sur la betterave et la canne à sucre, principalement soutenue par le groupe Cosumar, acteur dominant du marché. L'État a historiquement subventionné le sucre dans le cadre de son dispositif de soutien social, maintenant les prix à la consommation à un niveau bas — une politique que les critiques estiment favoriser involontairement la surconsommation.
Les défenseurs de la santé publique tirent la sonnette d'alarme face à la hausse des taux de diabète et d'obésité au Maroc, des pathologies étroitement liées à une consommation excessive de sucre. L'Organisation mondiale de la santé recommande régulièrement des mesures fiscales, comme les taxes sur le sucre, comme outils efficaces pour réduire la consommation et financer des initiatives de santé, un modèle adopté par plusieurs pays de la région.
Le débat au Maroc reflète une tension mondiale plus large : comment réformer les habitudes de consommation sans fragiliser des industries qui emploient des milliers de personnes, et sans alourdir le fardeau des ménages à faibles revenus qui dépendent des produits subventionnés. Tout mouvement vers une taxe sur le sucre ou une réforme des subventions nécessiterait une réflexion législative approfondie et une évaluation de l'impact social, selon les analystes qui suivent les débats parlementaires.