Maroc et Algérie en concurrence pour des gazoducs nigérians

Le Maroc et l'Algérie développent des projets concurrents de gazoducs pour transporter du gaz nigérian vers l'Europe, remodelant la dynamique énergétique région

Morocco, Algeria Vie for Nigerian Gas Pipeline Projects

Image: lanouvelletribune.info

Le Maroc et l'Algérie développent des projets concurrents de gazoducs destinés à transporter du gaz naturel nigérian vers les marchés européens, une manœuvre stratégique qui souligne la rivalité géopolitique et économique entre les deux nations nord-africaines. Le projet de Gazoduc Maroc-Nigéria (MNGA), un projet offshore discuté de longue date et long d'environ 5 660 kilomètres le long de la côte ouest-africaine, a connu une reprise d'activité diplomatique. Fin 2025 et début 2026, des responsables marocains et nigérians ont tenu des réunions de haut niveau pour réaffirmer leur engagement envers cette initiative, destinée à approvisionner à la fois les pays d'Afrique de l'Ouest et l'Europe.

Parallèlement, l'Algérie promeut le Gazoduc Transsaharien (TSGP), un projet terrestre de 4 128 kilomètres qui traverserait le Nigeria et le Niger pour atteindre l'Algérie, avec une connexion aux gazoducs existants vers l'Europe. Le TSGP, un concept vieux de plusieurs décennies, a pris un élan significatif après la signature d'un protocole d'accord entre l'Algérie, le Niger et le Nigeria en 2022. Des rapports récents font état de discussions techniques trilatérales continues, le positionnant comme un concurrent direct de la route marocaine.

La rivalité dépasse le cadre des infrastructures, reflétant des tensions régionales plus profondes et une course pour sécuriser un rôle de plaque tournante énergétique clé pour l'Europe, qui cherche à diversifier ses approvisionnements en gaz. L'Algérie, déjà un important exportateur de gaz vers l'Europe via des gazoducs vers l'Italie et l'Espagne, considère le TSGP comme un moyen de consolider sa position. Le Maroc, qui importe actuellement du gaz via un gazoduc en provenance d'Algérie (maintenant suspendu pour cause de tensions diplomatiques), voit le MNGA comme une voie vers l'indépendance énergétique et une nouvelle source de revenus à l'exportation.

Les deux projets font face à des obstacles substantiels, notamment la sécurisation d'un financement estimé à 20-25 milliards de dollars chacun, la navigation dans des environnements sécuritaires complexes dans la région du Sahel—particulièrement pour le TSGP terrestre—et la gestion des frictions géopolitiques entre Alger et Rabat. La concrétisation de l'un ou l'autre gazoduc dépendra de la capacité à surmonter ces défis financiers, sécuritaires et politiques, avec des implications majeures pour la sécurité énergétique de l'Europe et l'avenir économique de l'Afrique de l'Ouest et du Nord.

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