Amine Drissi, un Marocain musulman, travaille comme guide au Mémorial et Musée d'Auschwitz-Birkenau en Pologne. Sa mission est d'éduquer les visiteurs sur la Shoah et l'histoire des communautés juives au Maroc. Son rôle offre une perspective unique, reliant le récit de la persécution des Juifs en Europe à l'histoire séculaire du judaïsme en Afrique du Nord.
La présence de Drissi sur le site de l'ancien camp d'extermination nazi met en lumière l'histoire complexe et souvent méconnue des relations judéo-musulmanes au Maroc. Historiquement, le Maroc abritait une importante communauté juive, et le roi Mohammed V est fréquemment cité pour sa protection des Juifs marocains sous le régime de Vichy, bien que les historiens soulignent que la situation était nuancée. Drissi utilise cette histoire pour favoriser un dialogue sur la coexistence et l'héritage partagé.
Son travail a été relayé par des médias internationaux, dont le Times of Israel et des publications marocaines, comme un exemple d'engagement interconfessionnel et de préservation de la mémoire. En guidant des groupes, souvent composés de visiteurs israéliens et marocains, Drissi facilite des discussions sur le traumatisme, l'histoire et les possibilités de réconciliation, insistant sur l'éducation comme outil contre l'antisémitisme et l'intolérance.