La catastrophe minière de Marcinelle du 8 août 1956 reste l'un des accidents industriels les plus meurtriers de Belgique. Un incendie dans la mine de charbon du Bois du Cazier près de Charleroi a tué 262 mineurs, dont 136 Italiens. La tragédie a provoqué un changement fondamental dans la façon dont les Belges percevaient les immigrants italiens, recrutés en grand nombre pour travailler dans les mines après la Seconde Guerre mondiale.
Avant la catastrophe, les immigrants italiens étaient souvent considérés comme une main-d'œuvre temporaire, soumise à des conditions de travail difficiles et à une marginalisation sociale. Le lourd bilan a toutefois suscité l'indignation et la sympathie du public belge. La catastrophe a conduit à une réévaluation des droits des travailleurs immigrés et des normes de sécurité dans l'industrie minière.
Dans la foulée, les gouvernements belge et italien ont signé un nouvel accord en 1957 qui a amélioré les conditions de travail et offert de meilleures protections sociales aux mineurs italiens. La tragédie a également accéléré un changement dans la politique d'immigration belge, s'éloignant de la main-d'œuvre italienne pour se tourner vers d'autres pays comme l'Espagne et la Grèce, puis le Maroc et la Turquie.
Aujourd'hui, le site du Bois du Cazier est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et abrite un musée dédié à la mémoire des victimes. La catastrophe est commémorée chaque année et est largement reconnue comme un tournant dans les relations de la Belgique avec ses communautés immigrées, en particulier la communauté italienne, qui fait désormais partie intégrante de la société belge.