Alors que les prix des engrais demeurent une préoccupation majeure pour les producteurs agricoles, la gestion efficace des apports en potassium (K) et en phosphore (P) est devenue une priorité absolue pour les exploitations agricoles à l'approche de la saison de culture 2026. La potasse (chlorure de potassium) et les engrais phosphatés tels que le phosphate monoammonique (MAP) et le phosphate diammonique (DAP) ont connu une forte volatilité des prix ces dernières années, en raison des perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, de facteurs géopolitiques et des coûts énergétiques.
Les agronomes recommandent aux agriculteurs de commencer par des analyses de sol à jour avant de prendre toute décision d'achat d'engrais. Les analyses de sol fournissent une base de référence pour les niveaux de nutriments et permettent aux producteurs d'appliquer uniquement ce qui est nécessaire, évitant ainsi les sur-applications coûteuses et nuisibles à la santé des sols. Les services de vulgarisation universitaires conseillent systématiquement de réaliser des analyses tous les deux à trois ans au minimum, et annuellement sur les parcelles présentant des déséquilibres nutritifs.
Lorsque les prix sont élevés, une stratégie courante consiste à privilégier les applications d'entretien — maintenir les niveaux de nutriments du sol sans les laisser diminuer — plutôt que d'augmenter les niveaux sur toutes les parcelles simultanément. Les producteurs peuvent choisir de concentrer des doses plus élevées sur leurs parcelles les plus productives, où le retour sur investissement est le plus important, tout en réduisant ou en supprimant les apports sur les terres à faible rendement.
Le fumier et d'autres sources de nutriments organiques peuvent servir de substituts partiels aux engrais commerciaux potassiques et phosphatés. Les exploitations d'élevage ou les fermes ayant accès au fumier peuvent compenser significativement leurs besoins en engrais achetés, bien qu'une comptabilisation précise des nutriments et un calendrier d'application approprié soient essentiels. Les matières compostées et les biosolides sont également de plus en plus envisagés là où la réglementation le permet.
Les experts mettent également en garde contre l'abandon total des applications de potassium et de phosphore pendant plusieurs années consécutives, car les niveaux de nutriments du sol peuvent diminuer au point d'affecter significativement le rendement et la qualité des cultures, rendant la récupération plus coûteuse à long terme. Équilibrer les économies à court terme avec la productivité à long terme des sols est le défi clé auquel font face les agriculteurs dans un contexte de prix élevés des engrais.