Le Mali et le Maroc ont discrètement renforcé leurs relations bilatérales, marquant un changement significatif dans la géopolitique ouest-africaine. Selon le ministère malien de l'Économie et des Finances, les échanges commerciaux entre les deux pays ont augmenté de 20 % en 2025, atteignant 450 millions de dollars. Cette croissance est tirée par les exportations marocaines d'engrais, de matériaux de construction et de produits alimentaires, tandis que le Mali exporte du coton et du bétail.
Sur le plan sécuritaire, le Maroc a fourni une formation au personnel militaire malien en matière de lutte antiterroriste, comme l'a confirmé une déclaration conjointe des deux gouvernements en mars 2026. La formation se concentre sur le partage de renseignements et la guerre dans le désert, essentiels pour lutter contre les groupes insurgés dans la région du Sahel. Le Maroc a également facilité les canaux diplomatiques entre le Mali et d'autres nations nord-africaines.
Le roi Mohammed VI du Maroc s'est rendu à Bamako en février 2026, la première visite de ce type depuis plus d'une décennie, où il a signé des accords sur les énergies renouvelables et l'exploitation du phosphate. La visite a souligné l'intérêt du Maroc à étendre son influence dans le Sahel, une région de plus en plus courtisée par la Russie et la Chine. Les analystes notent que cette alliance offre au Mali une alternative aux partenaires occidentaux traditionnels.
Cependant, le partenariat a suscité des critiques de la part de certains observateurs régionaux qui craignent qu'il ne sape le régime de sanctions de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) contre le gouvernement dirigé par la junte malienne. Le Maroc n'est pas membre de la CEDEAO, ce qui lui permet de contourner les restrictions. Le gouvernement malien a défendu ces liens comme pragmatiques et nécessaires au développement.