Des responsables iraniens ont exprimé leur inquiétude quant au corridor Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), un corridor économique proposé reliant l'Inde à l'Europe via le Moyen-Orient, qui pourrait diminuer l'importance stratégique du détroit d'Ormuz. Le détroit, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est un point de passage clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux et une source de levier pour l'Iran.
Selon des rapports de médias et d'analystes iraniens, le projet IMEC, annoncé en septembre 2023 lors du sommet du G20 à New Delhi, vise à créer un réseau ferroviaire et maritime reliant l'Inde, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, la Jordanie, Israël et l'Europe. Cette route alternative pourrait contourner le détroit d'Ormuz, réduisant la capacité de l'Iran à menacer ou contrôler le trafic maritime dans la région.
Les cercles militaires et politiques d'élite iraniens craignent que le corridor n'offre une alternative viable pour le commerce et les flux énergétiques, sapant ainsi la position stratégique de Téhéran. L'IMEC est considéré comme faisant partie d'efforts plus larges visant à intégrer Israël dans des projets d'infrastructure régionaux, ce à quoi l'Iran s'oppose.
En juillet 2026, l'IMEC en est encore à ses premiers stades de planification, avec des études de faisabilité et des négociations diplomatiques en cours. Aucun calendrier de construction concret n'a été annoncé. Le projet fait face à des obstacles géopolitiques importants, notamment les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, et le conflit israélo-palestinien.
Les experts notent que même si l'IMEC pourrait éventuellement réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, il est peu probable qu'il le remplace complètement à court terme en raison de l'infrastructure établie du détroit et du volume élevé d'expéditions de pétrole et de gaz.