La Hongrie se rend aux urnes le dimanche 12 avril 2026, lors de ce que les analystes considèrent comme l'élection législative la plus compétitive depuis des années. Le Premier ministre Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, fait face à un défi sérieux de la part du chef de l'opposition Péter Magyar, dont le parti Tisza a connu une forte progression dans les sondages depuis sa fondation en 2024.
Magyar, un ancien proche du pouvoir qui fut marié à une ex-ministre de la Justice du gouvernement Orbán, a rassemblé une large coalition d'électeurs mécontents de la corruption, de la dégradation des services publics et de l'isolement de la Hongrie au sein de l'Union européenne. Son parti Tisza a attiré de grandes foules lors de rassemblements à travers le pays, y compris dans des régions rurales autrefois considérées comme des bastions du Fidesz.
Le parti Fidesz d'Orbán conserve des avantages structurels importants à l'approche du scrutin. Le système électoral hongrois, redessiné sous Fidesz en 2011, favorise largement le parti au pouvoir grâce au découpage électoral et aux règles des circonscriptions uninominales. Le Fidesz domine également le paysage médiatique du pays, limitant l'accès de l'opposition aux grands médias audiovisuels. Les observateurs internationaux de l'OSCE ont déjà signalé ces déséquilibres systémiques lors d'élections précédentes.
Sur la scène internationale, Orbán a maintenu des liens étroits avec l'ancien président américain Donald Trump et s'est positionné comme une voix dissidente au sein de l'UE sur des questions telles que le soutien à l'Ukraine et le respect de l'état de droit. Le Parlement européen a précédemment voté pour qualifier la Hongrie de démocratie défaillante, et l'UE a suspendu des milliards d'euros de fonds de cohésion en raison de préoccupations liées à l'état de droit. Le résultat du scrutin de dimanche est suivi de près à travers l'Europe comme un test pour savoir si le recul démocratique peut être inversé par les urnes.