Rachid Guerraoui, éminent informaticien maroco-suisse et professeur à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), a affirmé que le Maroc n'est pas condamné à la vassalité technologique et qu'il dispose des capacités nécessaires pour développer sa propre indépendance technologique.
Guerraoui, reconnu mondialement pour ses travaux fondateurs en informatique distribuée et en algorithmique, plaide activement pour que les nations africaines et arabes investissent dans des écosystèmes technologiques locaux. Il souligne que le capital humain, l'investissement stratégique et la volonté politique sont les ingrédients essentiels pour que des pays comme le Maroc réduisent leur dépendance vis-à-vis des géants technologiques étrangers.
L'informaticien a mis en avant le vivier croissant d'ingénieurs marocains et l'expansion de l'infrastructure numérique du pays comme motifs d'optimisme. Il estime qu'au lieu de simplement consommer des technologies développées ailleurs, le Maroc devrait se positionner comme producteur et innovateur, notamment dans des domaines tels que l'intelligence artificielle, les systèmes distribués et le développement logiciel.
Les propos de Guerraoui s'inscrivent dans un débat plus large sur la souveraineté technologique, alors que les nations d'Afrique et du Moyen-Orient font face à des questions de dépendance numérique envers les grandes plateformes technologiques occidentales et asiatiques. Sa perspective revêt un poids particulier compte tenu de son statut d'informaticien parmi les plus cités de sa génération et de ses liens profonds avec le Maroc et les grandes institutions de recherche européennes.