L'aide publique au développement (APD) de la France s'est révélée résiliente en 2026, le gouvernement maintenant son engagement malgré des coupes budgétaires plus larges. Selon les dernières données du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, le budget 2026 alloue 15,4 milliards d'euros à l'APD, soit 0,55 % du revenu national brut (RNB). Ce montant est légèrement supérieur à celui de 2025 (15,2 milliards d'euros, 0,54 % du RNB), contredisant les craintes antérieures de réductions dues à la crise budgétaire.
L'Agence française de développement (AFD) continue d'opérer dans 115 pays, en se concentrant sur le climat, la santé et l'éducation. Dans une déclaration du 20 avril 2026, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a qualifié l'APD d'« actif stratégique pour la France », soulignant son rôle dans la stabilité mondiale et l'influence française. La stratégie 2026-2030 de l'AFD, publiée en mars 2026, privilégie l'Afrique subsaharienne et la région Indo-Pacifique.
Cependant, le budget d'aide reste inférieur à l'objectif de 0,7 % du RNB fixé par les Nations Unies, un objectif que la France a repoussé à plusieurs reprises. La loi de finances 2026, adoptée en décembre 2025, inclut une clause exigeant un examen de l'efficacité de l'APD d'ici septembre 2026. Les critiques, dont l'ONG Coordination Sud, estiment que le gouvernement utilise l'efficacité comme prétexte pour de futures coupes, notant que l'allocation 2026 est encore inférieure de 2 % en termes réels au pic de 2023 de 15,8 milliards d'euros.
Malgré ces préoccupations, l'AFD a signalé des décaissements accrus pour les projets d'adaptation climatique, atteignant 4,2 milliards d'euros en 2025, contre 3,9 milliards d'euros en 2024. Le président de l'agence, Rémy Rioux, a déclaré le 22 avril 2026 que « le modèle de développement français reste une référence pour de nombreux pays, et nous sommes engagés à maintenir notre présence ».