Une nouvelle loi française, qui entrera en vigueur le 11 août 2026, interdira les appels téléphoniques non sollicités à des fins commerciales. Cette mesure représente une menace directe pour l'industrie marocaine de l'offshoring, dont une part importante de l'activité dépend des contrats de centres d'appels avec des entreprises françaises.
Le Maroc s'est imposé comme une plateforme clé pour les services clients et le télémarketing francophones. Les rapports du secteur confirment qu'une portion majeure des activités de Externalisation des Processus Métier (BPO) du pays est dédiée au marché français. L'entrée en vigueur de cette interdiction remet donc en cause un pilier de l'activité de ces centres d'appels marocains.
Si la loi française a pour objectif de protéger la vie privée des consommateurs, son impact économique transfrontalier est significatif. Les professionnels marocains du secteur ont exprimé leurs vives inquiétudes, soulignant la difficulté de reconvertir rapidement des milliers d'employés vers d'autres services, comme le support technique, non concernés par l'interdiction. L'ampleur exacte des suppressions d'emplois n'est pas encore quantifiée mais elle est anticipée comme conséquente.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité des économies dépendantes de modèles d'externalisation spécifiques, liés à la réglementation d'un pays partenaire. Les analystes estiment que cela pourrait accélérer une transition de la stratégie marocaine d'offshoring vers des services à plus forte valeur ajoutée, comme l'informatique ou la finance, moins sensibles à ce type de choc réglementaire.