Un débat s'intensifie en France autour d'une réforme proposée visant à ouvrir le capital des officines à des investisseurs extérieurs. Les professionnels et syndicats de pharmaciens appellent les législateurs à revoir les priorités de ce texte, qui permettrait à des non-pharmaciens de détenir des parts dans des pharmacies — une rupture majeure avec la règle actuelle réservant la propriété aux pharmaciens diplômés.
Les organisations professionnelles représentant les pharmaciens français ont exprimé de fortes réserves face à ces changements. Elles soutiennent que le modèle actuel de propriété est un pilier de la sécurité des patients, garantissant que les propriétaires d'officines assument une responsabilité professionnelle et éthique directe envers leurs clients. Les opposants à la réforme avertissent que l'entrée d'investisseurs financiers pourrait faire passer le profit avant le soin.
Les partisans de la réforme affirment quant à eux qu'une ouverture du capital pourrait moderniser le secteur, attirer des investissements pour les outils de santé numérique et contribuer à lutter contre les déserts pharmaceutiques dans les zones rurales. De nouveaux capitaux permettraient, selon eux, de financer des expansions et d'améliorer l'accès aux services pharmaceutiques dans les territoires sous-dotés.
Ce débat fait écho à des discussions similaires menées dans toute l'Europe, où plusieurs pays ont déjà assoupli les règles de propriété des pharmacies à des degrés divers. La France reste l'un des marchés les plus stricts en la matière, et tout changement constituerait une évolution historique dans la réglementation du secteur pharmaceutique.
En avril 2026, aucune décision législative définitive n'a été confirmée. Les professionnels de la pharmacie continuent d'appeler à une consultation plus large et à une approche plus mesurée de toute réforme, en soulignant que le bien-être des patients doit demeurer la préoccupation centrale de toute modification de la structure de propriété du secteur.