L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé l'acide trifluoroacétique (TFA), un « polluant éternel » persistant, comme toxique pour la reproduction humaine, selon une décision publiée le 10 juin 2026. Le TFA est un produit de dégradation de nombreux gaz fluorés et pesticides, connu pour son extrême persistance dans l'environnement.
Cette classification, qui fait suite à une proposition de l'Institut fédéral allemand pour la sécurité et la santé au travail, place le TFA dans la catégorie 1B pour la toxicité pour la reproduction, ce qui signifie qu'il est présumé avoir le potentiel de nuire à la fertilité humaine ou à l'enfant à naître. Cette décision est basée sur des études animales montrant des effets néfastes sur la fertilité et le développement.
Le TFA a été détecté dans l'eau potable, l'eau de pluie et même dans des échantillons de sang humain à travers l'Europe. Les groupes environnementaux réclament depuis longtemps une réglementation plus stricte du TFA et d'autres substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), liées à divers problèmes de santé, notamment le cancer, les lésions hépatiques et les effets sur le système immunitaire.
La décision de l'ECHA pourrait entraîner des restrictions plus strictes du TFA dans le cadre du règlement REACH de l'UE, qui régit l'utilisation des produits chimiques. Les représentants de l'industrie ont fait valoir que le TFA est un composant naturel de l'atmosphère et que les risques sont faibles aux niveaux d'exposition actuels, mais la nouvelle classification pourrait inciter à réviser les limites de sécurité.
Cette évolution s'ajoute aux préoccupations croissantes concernant la présence généralisée des « polluants éternels » dans l'environnement et leur impact potentiel sur la santé humaine. L'UE envisage actuellement une interdiction complète des PFAS, qui inclurait le TFA.