À l'ère des menaces hybrides, analystes militaires et responsables gouvernementaux soulignent de plus en plus le rôle stratégique de la société civile dans la défense nationale. Le concept de « défense totale », intégrant ressources civiles et militaires, retrouve une actualité dans plusieurs pays occidentaux. Cette approche considère la résilience sociétale—incluant les infrastructures, la cybersécurité et la préparation des populations—comme un dissuasif critique.
Les récentes tensions géopolitiques et les incidents de cyber-guerre ont mis en lumière des vulnérabilités dépassant le domaine militaire traditionnel. Des rapports d'organismes comme la RAND Corporation et des déclarations de responsables de l'OTAN soulignent que la force d'une nation dépend désormais largement de la sécurité de ses réseaux numériques, de ses chaînes d'approvisionnement et de la fortitude psychologique de ses citoyens face à la désinformation.
Les initiatives pour favoriser cette intégration incluent des partenariats public-privé pour la cybersécurité, des exercices nationaux de résilience et des programmes éducatifs. Des pays comme la Suède et la Finlande disposent par exemple de modèles anciens où les agences civiles ont des rôles définis dans la planification de la défense. Le défi consiste à coordonner ces éléments sans militariser la vie civile.
Le débat porte sur le niveau approprié d'implication civile, le financement des programmes de résilience et la protection des libertés civiles. Ses partisans estiment qu'une société civile engagée et informée est le fondement ultime de la sécurité nationale au XXIe siècle.