Fin août 2026, une vague de migrants tentant de traverser l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc a relancé une crise politique. La situation a conduit certains États membres de l'UE, notamment l'Italie, à demander l'exclusion temporaire de l'Espagne de l'espace Schengen, arguant que l'Espagne n'a pas sécurisé la frontière extérieure de l'UE.
Cependant, des experts juridiques soulignent que le code frontières Schengen ne prévoit pas la suspension de l'adhésion d'un État membre. Bien que l'article 29 permette la réintroduction de contrôles aux frontières intérieures dans des circonstances exceptionnelles, il n'autorise pas l'expulsion d'un pays de la zone Schengen. Une telle mesure nécessiterait une modification du traité, ce qui est très improbable étant donné l'exigence d'un consentement unanime.
La Commission européenne a appelé au calme et souligné la nécessité d'une réponse coordonnée de l'UE. Elle a offert son soutien à l'Espagne, notamment l'assistance de Frontex, pour gérer la frontière. De son côté, l'Espagne a défendu ses actions, affirmant avoir renforcé les patrouilles frontalières et travaillant avec le Maroc pour s'attaquer aux causes profondes de la migration.
La crise a également relancé un débat plus large sur la politique migratoire de l'UE et la solidarité entre États membres. Alors que certains pays soutiennent la position ferme de l'Italie, d'autres mettent en garde contre des mesures punitives qui pourraient saper le principe de libre circulation. À ce jour, aucune proposition formelle n'a été déposée pour exclure l'Espagne, et la question reste un sujet de tension diplomatique.