Selon une étude récente de Bank Al-Maghrib (BAM), la banque centrale du Maroc, le financement public a un effet d'éviction significatif sur le crédit au secteur privé. L'étude, publiée en juillet 2026, estime que pour chaque augmentation de 1% du PIB de la dette publique, le crédit au secteur privé diminue d'environ 0,3%.
L'analyse, basée sur des données de 2000 à 2024, souligne que l'augmentation des emprunts publics élève les taux d'intérêt et réduit la disponibilité des fonds pour l'investissement privé. Cet effet est particulièrement prononcé au Maroc, où le secteur bancaire est la principale source de financement pour les secteurs public et privé.
Le gouverneur de BAM, Abdellatif Jouahri, a souligné la nécessité d'un assainissement budgétaire pour atténuer cet effet d'éviction. Il a déclaré que la réduction du déficit et de la dette publics libérerait des ressources pour le secteur privé, essentiel à la croissance économique et à la création d'emplois.
L'étude note également que l'effet d'éviction varie selon les secteurs, les petites et moyennes entreprises (PME) étant les plus touchées. Les PME dépendent souvent fortement du crédit bancaire et ont un accès limité à d'autres sources de financement, ce qui les rend vulnérables aux réductions de la disponibilité du crédit.
BAM recommande que le gouvernement mette en œuvre des réformes structurelles pour améliorer l'efficacité des dépenses publiques et renforcer l'environnement des affaires. Ces mesures, combinées à une politique budgétaire prudente, pourraient aider à réduire l'effet d'éviction et soutenir le développement du secteur privé.