Les transferts de la diaspora africaine atteignent un record

Les transferts d'argent vers l'Afrique subsaharienne ont atteint 54 milliards de dollars en 2023, dépassant l'IDE et l'aide officielle.

African Diaspora Remittances Hit Record High, Fueling Economies

Image: rfi.fr

Les transferts de fonds de la diaspora africaine constituent une source de financement externe cruciale et résiliente pour le continent. Selon la Banque mondiale, les envois de fonds vers l'Afrique subsaharienne ont atteint un record de 54 milliards de dollars en 2023, un montant qui dépasse régulièrement à la fois l'investissement direct étranger (IDE) et l'aide publique au développement (APD) dans la région ces dernières années. Ces flux constants représentent une bouée de sauvetage vitale pour des millions de ménages, soutenant directement la consommation, l'éducation et les soins de santé.

Néanmoins, le coût élevé de l'envoi d'argent reste un obstacle majeur. Le coût moyen pour envoyer 200 dollars dans la région était de 7,9 % au quatrième trimestre 2023, bien au-dessus de l'objectif de 3 % fixé par les Objectifs de développement durable de l'ONU. Ces frais élevés réduisent le montant net reçu par les familles et limitent l'impact potentiel de ces flux sur le développement. Les plateformes de transfert numérique contribuent à réduire les coûts sur certains corridors, mais une adoption généralisée et des obstacles réglementaires persistent.

Au-delà du soutien aux ménages, l'engagement de la diaspora évolue pour inclure des investissements dans des startups, l'immobilier et le transfert de connaissances. Les gouvernements et les institutions créent de plus en plus d'obligations et de fonds d'investissement ciblant l'épargne de la diaspora. Cependant, les experts soulignent qu'orienter une plus grande part des transferts vers des investissements productifs, plutôt que principalement vers la consommation, reste un défi complexe nécessitant une meilleure infrastructure financière et des opportunités d'investissement.

Le levier économique de la diaspora est donc confirmé comme substantiel, mais son plein potentiel est contraint par les coûts de transfert et le besoin de canaux d'investissement plus formels. Son rôle est celui d'une stabilité essentielle, souvent contra-cyclique, apportant un soutien lors des ralentissements économiques et des crises, lorsque d'autres flux financiers peuvent se retirer.

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