Une nouvelle analyse de données de l'Observatoire du financement du développement de ONE Data, soutenue par la Fondation Rockefeller, révèle une forte augmentation du coût de l'emprunt pour les nations africaines. Publiée en avril 2026, l'analyse constate que le coût moyen de l'emprunt pour les gouvernements africains a augmenté de 91 % entre 2020 et 2024. Cette flambée reflète un resserrement mondial des conditions financières et une perception accrue des risques.
Le rapport détaille que les coûts d'emprunt auprès des principales institutions financières internationales ont considérablement augmenté. Pour les pays africains les plus solvables, le taux d'intérêt moyen sur les prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de la Banque mondiale est passé d'environ 1,4 % à 5,2 % sur la même période. Cette hausse pèse lourdement sur les budgets nationaux, détournant des fonds des services publics essentiels et des projets de développement.
Les experts cités dans l'analyse lient cette augmentation aux relèvements successifs des taux d'intérêt par les grandes banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, qui ont commencé en 2022 pour lutter contre l'inflation. Le dollar plus fort et les rendements mondiaux plus élevés qui en ont résulté ont rendu le service de la dette plus coûteux pour les pays qui empruntent en devises étrangères. Ces données soulignent un défi croissant de soutenabilité de la dette sur tout le continent, compliquant la reprise économique et les objectifs de développement à long terme.