Politique

Le président polonais oppose son véto à l'aide UE défense

Le président Nawrocki a opposé son véto le 12 mars 2026 à la loi permettant à la Pologne d'accéder à 43,7 milliards d'euros de prêts UE pour la défense.

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Le président polonais Karol Nawrocki a opposé son véto à la législation qui aurait permis à la Pologne d'accéder à près de 44 milliards d'euros de prêts de défense de l'UE, aggravant un conflit institutionnel national avec le gouvernement pro-UE du Premier ministre Donald Tusk. Dans un discours télévisé le 12 mars 2026, Nawrocki a annoncé qu'il ne signerait pas le projet de loi du programme SAFE, arguant "Je ne signerai jamais une loi qui porte atteinte à notre souveraineté, notre indépendance, ainsi qu'à notre sécurité économique et militaire."

Le programme Security Action for Europe (SAFE) est une initiative de 150 milliards d'euros de l'UE visant à renforcer l'industrie de défense européenne. La Pologne devait recevoir environ 43,7 milliards d'euros de prêts dans le cadre du programme, ce qui en faisait le plus grand bénéficiaire potentiel. Le financement est destiné aux défenses aériennes et antimissiles, à la technologie anti-drone et autres équipements.

Nawrocki a soutenu que le mécanisme chargerait la Pologne d'"un prêt étranger massif contracté pour 45 ans dans une devise étrangère", avertissant que cet arrangement pourrait laisser la Pologne rembourser beaucoup plus qu'elle n'emprunte. Le président a proposé une approche de financement alternative appelée "SAFE 0 pour cent" qui s'appuierait sur des ressources nationales plutôt que sur des emprunts de l'UE.

Le Premier ministre Donald Tusk a immédiatement dénoncé le véto, déclarant "le président a perdu sa chance d'agir comme un patriote". Tusk a insisté que le véto n'empêchera pas le gouvernement d'accéder aux fonds de défense, bien que "ce sera plus difficile, parfois plus lent, et cela demandera beaucoup plus d'efforts". Le "Plan B" du gouvernement implique d'utiliser les mécanismes de financement de défense existants par le biais du Fonds de soutien des forces armées.

Les sondages d'opinion publique ont montré que 58,4% des Polonais voulaient que le président signe la législation, avec le soutien de l'industrie de défense et de la direction militaire, y compris le chef d'état-major général Gen. Wieslaw Kukula. Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé vendredi que l'UE reste déterminée à continuer la mise en œuvre des plans avec la Pologne "sans délai".

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