Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz devient de plus en plus complexe alors que l'Iran met en place des politiques de passage sélectif, poussant les navires de fret à manipuler leurs données du Système d'Identification Automatique (AIS) pour assurer un transit sécurisé dans cette voie navigable cruciale.
Suite à l'annonce de l'Iran le 12 mars selon laquelle seuls les navires de certaines nations approuvées seraient autorisés à traverser le détroit, les compagnies maritimes ont commencé à modifier l'identité numérique de leurs navires. Cette pratique implique le changement d'immatriculation de pavillon, la modification des noms de navires, et même la falsification des manifestes de cargaison transmis par les transpondeurs AIS qui permettent aux autorités maritimes de suivre les mouvements des navires.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20% des approvisionnements pétroliers mondiaux quotidiennement, est devenu un point de passage stratégique critique dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. Les experts de l'industrie rapportent que les navires adoptent de plus en plus des pavillons de complaisance de pays neutres ou maintenant des relations diplomatiques avec l'Iran pour éviter d'éventuelles confrontations ou retards.
Les analystes de sécurité maritime avertissent que cette tendance de manipulation de l'AIS, bien qu'elle résolve les problèmes de transit immédiats, crée de nouveaux risques pour la sécurité du transport maritime international et complique les efforts de surveillance des mouvements de navires dans l'une des voies navigables les plus stratégiques au monde. Cette pratique souligne l'impact croissant des tensions géopolitiques sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et le commerce maritime.